Vous souhaitez aborder les changements climatiques en classe, mais votre planification est déjà bien remplie ? Vous n’avez pas besoin de bâtir un cours supplémentaire ni de devenir spécialiste du climat. Le plus simple est de partir de questions que les élèves se posent déjà, de les relier aux apprentissages en science, en français ou en mathématique, puis de leur donner une occasion d’agir à leur échelle.
Le ministère de l’Éducation du Québec rappelle que l’éducation au développement durable peut s’intégrer aux différentes matières du Programme de formation de l’école québécoise. Autrement dit, le climat peut devenir un contexte d’apprentissage pour des compétences que vous travaillez déjà. Consulter les repères du Ministère.

1. Commencer par une question proche du quotidien des élèves
« Pourquoi fait-il plus chaud dans une cour asphaltée que sous un arbre ? » « Que deviennent les objets que nous jetons ? » « Comment se rendre à l’école autrement qu’en voiture ? » Ces questions ouvrent une enquête concrète, sans demander aux élèves de comprendre d’emblée toute la science du climat.
Invitez-les d’abord à formuler leurs hypothèses. Vous pourrez ensuite distinguer ce qu’ils observent directement, ce qu’ils doivent vérifier et ce qu’ils aimeraient changer. Cette démarche crée une place naturelle pour la recherche, la lecture, la discussion et la collecte de données.
2. Relier le sujet aux matières déjà enseignées
Une seule question peut servir plusieurs apprentissages :
| Matière | Exemple d’activité |
|---|---|
| Science et technologie | Explorer ce que sont les gaz à effet de serre et comparer des façons de consommer l’énergie. |
| Français | Lire deux courts textes explicatifs, distinguer les faits des opinions, puis rédiger une proposition pour l’école. |
| Mathématique | Faire un sondage sur les modes de transport de la classe et représenter les réponses dans un diagramme. |
| Culture et citoyenneté québécoise | Discuter des choix collectifs possibles, en tenant compte des réalités différentes des familles. |
L’objectif est de choisir une activité qui sert une intention pédagogique claire. Un sondage peut, par exemple, devenir votre activité de traitement de données ; le climat en fournit le contexte.
3. Prévoir une action réalisable, sans faire porter le problème aux enfants
Les élèves ont besoin de comprendre les enjeux, mais aussi de voir ce qu’ils peuvent faire ensemble. Une classe peut observer le gaspillage de papier, proposer une façon de réutiliser du matériel, organiser un échange d’objets ou réfléchir au transport actif autour de l’école. L’action choisie doit correspondre aux moyens du groupe et aux possibilités réelles du milieu.
Évitez de présenter les habitudes familiales comme un concours de « bonnes » et de « mauvaises » familles. Certaines décisions dépendent du logement, du revenu, de la distance à parcourir ou des services disponibles. On peut encourager le pouvoir d’agir des jeunes tout en respectant ces réalités.
Une séquence simple à réutiliser en classe
Vous pouvez organiser votre prochaine activité autour de quatre étapes :
- Questionner. Les élèves nomment une situation qu’ils remarquent dans leur quotidien.
- Comprendre. Ils cherchent des informations fiables, observent ou recueillent quelques données.
- Choisir. Le groupe retient une action possible, adaptée à l’âge des élèves.
- Revenir sur l’expérience. Les élèves expliquent ce qu’ils ont appris, ce qui a changé et ce qui reste à améliorer.
Cette structure peut tenir dans une courte activité ou accompagner un projet plus long. Elle aide à éviter l’accumulation de contenus sans lien entre eux.
Un programme gratuit pour aller plus loin : Carbone Scol’ERE
Pour les classes de 4e, 5e et 6e année du primaire au Québec, la Coop FA propose Carbone Scol’ERE, un programme gratuit conçu pour intégrer l’éducation climatique à la vie de la classe. Il comprend des ateliers, des outils pédagogiques et des défis que les élèves peuvent relever avec leur famille.
Les élèves explorent notamment les changements climatiques, la consommation, l’énergie, le transport et la gestion des matières résiduelles. Le programme est lié au Programme de formation de l’école québécoise et propose, selon les disponibilités dans la région, une formule animée en classe, autonome ou à distance. Le matériel est fourni ; l’enseignant·e peut ainsi s’appuyer sur une démarche déjà structurée.
Une classe qui souhaite prolonger cette expérience par un projet collectif peut aussi découvrir Écolabs, le programme de la Coop FA qui accompagne les élèves dans la réalisation de projets écoresponsables à l’école.
Questions fréquentes
Faut-il être spécialiste des changements climatiques pour en parler au primaire ?
Non. Partez d’une question adaptée à l’âge des élèves, utilisez des ressources fiables et acceptez de chercher avec eux les réponses que vous ne connaissez pas encore. Une démarche d’enquête est aussi une occasion de développer leur esprit critique.
Peut-on intégrer le climat sans ajouter une nouvelle matière ?
Oui. Le sujet peut servir de point de départ à des activités en science et technologie, en français ou en mathématique. Le ministère de l’Éducation présente d’ailleurs l’éducation au développement durable comme une démarche multidisciplinaire.
Carbone Scol’ERE est-il gratuit pour les écoles ?
Oui. La Coop FA présente le programme comme gratuit pour les classes admissibles, en formule animée comme en formule autonome. La formule offerte dépend toutefois des disponibilités dans votre région.
Prêt·e à faire une place au climat dans votre classe ?
Une bonne première étape consiste à choisir une question qui rejoint vos élèves et un apprentissage que vous aviez déjà prévu. Si vous souhaitez une démarche complète, du matériel et un accompagnement, découvrez Carbone Scol’ERE et manifestez l’intérêt de votre classe. Votre demande permettra à l’équipe de vous préciser les possibilités de déploiement dans votre région.
Vous cherchez d’autres ressources ? Consultez notre page Enseignant·es et écoles.