Comment transmettre l’écoresponsabilité à son enfant sans pression ?
Conscientisées, les mères avec qui nous avons discuté pratiquent l’écoresponsabilité au quotidien avec de jeunes enfants. Leur transmettre ces valeurs écoresponsables en lesquelles elles croient représente par conséquent une suite logique à ce mode de vie.
Les tout-petits apprennent par l’exemple donc en nous voyant poser des gestes concrets et être heureux de le faire, ils sont nécessairement plus enclins à répéter ces actions à leur tour. Une autre partie importante de cette éducation est la vulgarisation. Dès que notre enfant est en âge de comprendre, on lui explique, dans des mots qui facilitent sa compréhension, pourquoi certains items ou actions ne sont pas autorisés à la maison. Par exemple, les aliments sucrés suremballés à l’épicerie peuvent parfois leur faire envie, tout comme nous. Il est important d’expliquer le refus en mentionnant la quantité de déchets que cela représente. L’équilibre demeure également indispensable tout au long de l’apprentissage puisqu’on ne voudrait pas que l’enfant se sente privé. Encore une fois, il faut s’écouter et se respecter dans ses choix. Il faut éviter que les choses ou activités en lesquelles on croit moins deviennent une récompense pour compenser ce qui pourrait être perçu comme un manque.
L’apprentissage peut aussi être rendu ludique au niveau des objets et des matières. Par l’entremise du jeu, on porte l’enfant à se questionner sur la bonne façon de disposer d’un objet en allant le porter au recyclage, au compost ou, dans le cas d’un jouet par exemple, en encourageant le don. L’objectif derrière cette façon de faire est de sensibiliser le tout-petit à son environnement et l’impliquer auprès de la communauté tout en rendant l’éducation aux valeurs écoresponsables légères. Une fois de plus, cohérence et constance sont les mots d’ordre.
Un autre constat est que les conséquences des changements climatiques sont souvent une source de stress pour les enfants lorsqu’ils y sont exposés. En prenant soin de leur expliquer les gestes liés à un mode de vie plus écoresponsable, on les incite à réfléchir et développer leur sens critique. Lorsqu’ils font leur entrée à l’école, ils sont bien outillés et moins enclins à avoir peur des faits qu’on leur expose. Cette façon de faire constitue d’ailleurs un des objectifs principaux du programme Carbone Scol’ERE (autrefois appelé Bourse du carbone Scol’ERE).
Comment s’organiser au quotidien ?
Tout cet élan de transition écoresponsable peut toutefois occasionner certaines inquiétudes concernant la meilleure façon de s’organiser. Afin d’appliquer les concepts d’écoresponsabilité, il faut prévoir du temps. Si on pense au retour au travail après un congé de maternité, la réalité et les horaires sont différents. Il faut donc anticiper un certain moment d’adaptation et s’autoriser des choix qui facilitent la vie. Certaines voient ces actions écoresponsables comme des tâches à accomplir, alors que pour d’autres, il s’agit plutôt d’un mode de vie. Les loisirs prônés par la société sont mis de côté pour laisser place à certaines actions guidées par leurs valeurs écoresponsables : s’allouer du temps pour cuisiner ses repas et ses collations, jouer dehors, travailler sur son terrain.
Pour nous, l’écoresponsabilité c’est un mode de vie. Ce n’est pas une course de choses à faire.
Pour certaines, la réalité est un peu différente. Que ce soit en raison des horaires bien remplis ou des défis que peuvent représenter les déplacements avec des enfants, la planification des repas est plutôt perçue comme une tâche. Bien évidemment, éviter les aliments emballés de façon individuelle, prioriser l’achat en vrac et cuisiner le plus possible demande beaucoup de temps. Pour y parvenir, on prévoit un moment à son horaire, comme un élément à cocher d’une liste. Dans cette optique, un mode de vie urbain est une option intéressante pour la proximité des services qui facilite grandement le quotidien.

Et à la garderie ou à l’école ?
Bien que l’on essaie de transmettre ses valeurs écoresponsables à ses enfants, il n’est pas possible de maitriser tout ce qui se passe à l’extérieur du cercle familial. Les habitudes à la garderie et à l’école peuvent venir interférer avec les principes d’écoresponsabilité prônés à la maison. Les collations emballées individuellement qui sont habituellement proscrites à la maison peuvent être offertes à l’école. Dans cette optique, les enfants pourraient devenir des porte-paroles de ce qui se passe à l’école, mais tout en faisant attention de ne pas leur mettre trop de pression.
Pour ce qui est des salons de la famille et de l’écoresponsabilité, ils semblaient perçus sensiblement de la même façon par tous. Sans les caractériser positivement ou négativement, on parle plutôt de l’intention lorsqu’on s’y rend. Dans la perspective où on désire aller s’informer et chercher des outils, ça peut être intéressant. Par contre, si on multiplie les achats de produits dits « écoresponsables », on perd un peu l’essence du mouvement. Il faut donc avoir le souci de se questionner et de s’assurer d’être cohérent avec ses valeurs.
Merci à Geneviève, Véronique et Laurence pour leur temps et leur ouverture. Ce fut un plaisir de discuter avec elles et de découvrir leurs différents parcours et visions de l’écoresponsabilité. Ce reportage nourrira certainement les réflexions de plusieurs quant à la place qu’occupent les gestes écoresponsables au sein de leur vie de famille.
Et vous, quelle est votre relation avec l’écoresponsabilité? Êtes-vous de ceux qui la considèrent comme une façon de vivre?
Participantes :
Geneviève Delisle-Thibeault, coordonnatrice nationale de la Bourse du carbone Scol’ERE et chargée de projet en environnement à la Coop FA, enceinte au moment de l’entrevue et maintenant maman d’un petit garçon.
Véronique Lavoie, propriétaire de la Ferme Horticole Lajoie, maman de 3 enfants âgés de moins de 6 ans.
Laurence Bonin, alors chargée de projet en environnement à la Coop FA, maman d’une petite fille de moins d’un an.
Questions fréquentes
Comment adopter l’écoresponsabilité en famille au quotidien ?
Commencez par des gestes simples : réduire le gaspillage, trier, privilégier le réutilisable et l’usagé, et impliquer les enfants dans les choix. La régularité compte plus que la perfection.
Comment impliquer les enfants dans les gestes écoresponsables ?
Transformez les gestes en jeux et en responsabilités : tri, compost, jardinage, dons de jouets. Expliquez vos choix avec des mots simples. Des programmes comme Carbone Scol’ERE prolongent cet apprentissage à l’école.
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